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Bonne lecture et bon week-end
| GRAND ANGLE |
Meta dévoile un nouvel appareil dédié à l’IA générative, sorte de Tamagotchi des temps modernes
À peine lancé, Muse a déjà une nouvelle maison. Mercredi, en ouverture de sa conférence annuelle Connect, Meta a dévoilé un nouvel appareil pensé pour héberger le “premier agent IA personnel conçu pour tous”. Baptisé Muse Charm, celui-ci s’apparente à une sorte de Tamagotchi des temps modernes, avec son avatar personnalisable. Pas besoin, cette fois, de le nourrir comme son prédécesseur japonais. Il peut en revanche répondre aux questions de son propriétaire et effectuer des tâches à sa place. Il est doté de sa propre voix, elle aussi personnalisable. Et il n’a pas besoin d’être relié à un smartphone, puisqu’il dispose d’une puce 5G pour se connecter à Internet.
Selon Bloomberg, la sortie du Muse Charm était initialement prévue l’année prochaine. Mais Mark Zuckerberg a demandé à ses équipes d’accélérer le calendrier pour une commercialisation pendant les fêtes de fin d’année. Un empressement qui vise certainement à capitaliser sur le succès initial de Muse, qui trône en tête des applications mobiles les plus téléchargées aux États-Unis. Et qui se traduit par l’absence de date de sortie, de prix et de design définitif – des incertitudes inhabituelles à quelques mois d’un lancement. Meta n’a par ailleurs pas finalisé d’accords avec les opérateurs mobiles pour assurer la connectivité 5G.
Muse arrive dans les lunettes connectés
Présenté début septembre, Muse n’est pas le premier système d’agents d’IA. Mais il est le premier à cibler véritablement le très grand public. Meta devance ainsi ses principaux rivaux, comme Apple, Google et OpenAI. Surtout, le service concrétise ses progrès dans l’IA, dans la foulée de la création du Superintelligence Labs, l’équipe montée à grands frais l’an dernier pour rattraper le peloton de tête. Les premiers retours d’expérience sont très positifs. Ils saluent notamment la capacité de computer use, qui permet à Muse d’accomplir des tâches directement depuis un navigateur Internet, en l’absence d’API (interface de programmation) reliant son système à l’application concernée.
Meta entend désormais capitaliser sur cet engouement. En plus de dévoiler Muse Charm, le groupe de Menlo Park a annoncé mercredi l’intégration de son agent à sa gamme de lunettes connectées, conçues en partenariat avec EssilorLuxottica, la maison mère de Ray-Ban – dont un premier modèle dépourvu de caméra. Un argument commercial supplémentaire, mais aussi un moyen d’anticiper l’arrivée de nouveaux concurrents, d’abord Samsung, associé à Google, cet automne puis probablement Apple l’an prochain. Mark Zuckerberg voit grand: selon lui, une grande partie des quelque deux milliards de personnes qui portent des lunettes va migrer vers des modèles dotés d’une IA.
Meta devance OpenAI
En annonçant Muse Charm dès maintenant, Meta cherche par ailleurs à prendre les devants dans la course aux nouveaux terminaux conçus pour l’ère de l’IA générative. Jusqu’ici, les premières tentatives n’ont guère convaincu, à l’image de l’AI Pin, une broche à fixer sur le torse, équipée d’un assistant vocal et de caméras. Après un lancement catastrophique, l’appareil n’a jamais trouvé son public. Son concepteur, la start-up Humane, fondée par deux anciens d’Apple et qui avait levé 230 millions de dollars, a été racheté à prix cassé moins d’un an et demi plus tard par HP. Star éphémère du CES en 2024, le Rabbit R1 est, de son côté, tombé dans l’anonymat.
Malgré ces échecs, beaucoup restent convaincus que l’IA va provoquer un changement radical des usages, des smartphones vers de nouvelles plateformes. C’est le cas en particulier de Sam Altman, qui n’a pas hésité l’an passé à signer un chèque de 6,5 milliards de dollars pour racheter la start-up io, fondée par Jony Ive, le designer vedette d’Apple. Selon Bloomberg, le premier produit issu de cette collaboration pourrait être une sorte d’enceinte connectée dopée à l’IA. Sa présentation pourrait avoir lieu avant la fin de l’année, pour un lancement début 2027. Des prototypes de petits appareils, sur le papier proches du Muse Charm, auraient également été conçus.
Pour aller plus loin:
– Débuts prometteurs pour Muse, le premier agent IA grand public de Meta
– OpenAI rachète la start-up du designer de l'iPhone pour remplacer les smartphones
| DANS L’ACTU |
Face aux modèles chinois, OpenAI et Anthropic cassent les prix
C’est le symbole d’un changement de paradigme sur le marché de l’intelligence artificielle générative. Au printemps, lors du lancement de GPT-5.5, OpenAI n’avait pas hésité à doubler le prix de ses API, qui permettent aux entreprises d’intégrer ses modèles à leurs propres applications. À peine cinq mois plus tard, le concepteur de ChatGPT divise désormais par deux les tarifs de lancement des déclinaisons allégées Sol et Luna de GPT-6. Une stratégie suivie par son grand rival Anthropic, qui annonce de son côté une baisse de 20% pour les API de son nouveau modèle Opus 5.5, lancé lui aussi mardi.
L’improbable pivot de Meero, la licorne qui n’en était pas une
Son nom est synonyme des excès d’une époque: celle où l’argent facile avait fini par faire perdre la tête à la French Tech. Il fallait alors lever toujours plus de fonds, afficher des valorisations toujours plus élevées pour exister dans un écosystème en surrégime, mais aussi dans les médias obsédés par le fameux statut de licorne. Quitte, parfois, à maquiller les chiffres. Ce nom, c’est celui de Meero, présenté à son lancement en 2016 comme le “Uber de la photographie”. Il est désormais rangé au placard, comme un boulet dont il est difficile de se débarrasser pour une start-up repartie quasiment de zéro.
La Chine a-t-elle trouvé la parade pour produire des puces sous les 3 nm ?
La Chine pourra-t-elle bientôt produire des puces gravées sous les 3 nanomètres ? Encore impensable il y a quatre ans, l’hypothèse ne paraît désormais plus totalement hors de portée, après une avancée technologique potentiellement majeure rapportée par le quotidien taïwanais DigiTimes. Selon l’un de ses ingénieurs, l’Académie chinoise des sciences a mis au point un nouveau procédé qui pourrait permettre de s’affranchir des machines de lithographie les plus avancées, produites par le néerlandais ASML mais dont l’exportation vers le pays est interdite, pour fabriquer des composants d’une telle finesse.
| TOUT COMPRENDRE |
Tout comprendre à la montée en puissance des modèles d’IA open weight
Sûrs de leur force, des responsables américains n’hésitaient pas, ces dernières années, à affirmer que les États-Unis avaient remporté la bataille de l’intelligence artificielle générative. À la Maison-Blanche, le triomphalisme est désormais retombé. En cause: la montée en puissance des modèles open weight (ou à poids ouverts) chinois, dont les progrès rapides commencent à bousculer les géants américains du secteur. Au point que l’administration envisage désormais de placer certaines entreprises qui les développent sur une liste noire, qui leur fermerait les portes du marché américain. Explications.
| DANS LE RÉTRO |
Le jour où Google a trahi Apple et déclenché une “guerre thermonucléaire”
Leur présence avait été tenue secrète jusqu’à la dernière minute. Le 23 septembre 2008, à New York, Larry Page et Sergey Brin font une apparition surprise lors de la présentation du tout premier smartphone Android. L’événement est historique. Il marque les débuts de l’offensive du géant de Mountain View dans le mobile, qui lui permettra d’asseoir sa position dominante bien au-delà de la recherche en ligne. Mais aussi le début d’un affrontement majeur avec Apple, sur fond d’accusations de trahison et de promesse d’une “guerre thermonucléaire”.
| ET AUSSI |
» La drôle d’acquisition de Mistral
» Première sanction d’ampleur contre Google au titre du RGPD
» Meta rattrapé par les publicités frauduleuses
Crédit photos: Meta – OpenAI
