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Bonne lecture et bon week-end
| GRAND ANGLE |
La menace de l’IA sur les revenus publicitaires de Google se précise
Difficile d’y voir une simple coïncidence. Mercredi, Google a annoncé l’arrivée de publicités au sein de sa fonctionnalité “Mode IA” dans une dizaine de pays supplémentaires, un an après leur déploiement aux États-Unis. Quelques heures plus tard, le groupe de Mountain View reconnaissait, à l’occasion de la publication des résultats trimestriels de sa maison mère Alphabet, que l’ajout de cette interface conversationnelle, similaire aux chatbots d’intelligence artificielle générative, à son moteur de recherche avait limité la croissance de ses recettes publicitaires. Un aveu immédiatement sanctionné par Wall Street.
Sundar Pichai s’est pourtant voulu rassurant, soulignant que le nombre de recherches n’avait jamais progressé aussi fortement depuis cinq ans. “Comme lors du virage vers le mobile, il y a plus de dix ans, notre priorité est de concevoir la meilleure expérience de recherche possible, avant de nous pencher sur sa monétisation”, a également expliqué le directeur général de l’entreprise. Mais le ralentissement de la croissance des recettes publicitaires – en augmentation de 12% entre juillet et septembre, contre des hausses de 19% et 17% au cours des deux trimestres précédents – ravive les craintes sur l’impact de l’IA sur son modèle publicitaire.
“Réinvention totale de la recherche”
Pris de court par le succès spectaculaire de ChatGPT fin 2022, Google a pris son temps pour intégrer des fonctionnalités d’IA au sein de son produit vedette, le temps notamment de trouver une parade pour limiter les hallucinations, ces erreurs factuelles générées par les modèles. En 2024, la société a d’abord lancé le module “AI overviews” - disponible en France seulement depuis cet été suite à des “incertitudes juridiques”. Pour un nombre croissant de requêtes, un texte structuré, citant plusieurs sources, apparaît désormais en haut de la page de résultats, au-dessus des traditionnels liens et extraits de sites.
L’an passé, le moteur a ajouté le “Mode IA”, accessible en cliquant sur une icône intégrée à la barre de recherche de la page d’accueil ou sur un onglet dédié dans la page de résultats. Une “réinvention totale de la recherche”, assurait alors Sundar Pichai. La fonctionnalité permet non seulement de poser des questions plus longues et complexes, dans une barre de recherche qui s’agrandit automatiquement, mais aussi de poursuivre l’échange en enchaînant les questions. Les réponses peuvent également être personnalisées en fonction des interactions précédentes ou d’informations issues d’autres services, comme Gmail.
Modèle économique remis en cause ?
Contrairement aux craintes exprimées un peu vite, l’essor de l’IA a jusqu’ici eu peu d’impact sur l’activité du moteur. Certes, de nombreux internautes, en particulier parmi les jeunes, plébiscitent les chatbots. Mais l’inertie reste forte: la plupart des utilisateurs mettent du temps à changer des habitudes bien ancrées. Google bénéficie aussi d’un avantage de distribution, grâce notamment à sa position de moteur par défaut sur Chrome et Safari. Sans compter qu’il reste incontournable pour de nombreux types de recherche. Avec ses fonctionnalités d’IA, il peut ainsi revendiquer un positionnement unique: offrir le meilleur des deux mondes.
Mais la principale menace a toujours porté sur la viabilité de son modèle économique. Celui-ci repose sur les liens sponsorisés, vendus aux annonceurs pour apparaître en tête des pages de résultats. Or, l’intégration de réponses générées par l’IA peut entraîner une baisse parfois importante du nombre de clics. L’essor des agents autonomes capables de réaliser des achats risque d’accentuer encore cette tendance, notamment dans des secteurs clés comme le voyage et le commerce en ligne. Malgré l’intégration de premières publicités à ses nouvelles interfaces, Google n’a pas encore démontré sa capacité à maintenir, à terme, le même niveau de monétisation.
Pour aller plus loin:
– Avec son dernier modèle, Google espère revenir dans la course à l’IA
– Google échappe au démantèlement de sa machine publicitaire
| DANS L’ACTU |
Ce que révèle le prospectus d’introduction en Bourse d’Anthropic
Pas moins de 94 pages. En lançant lundi la dernière étape de son projet d’introduction en Bourse, Anthropic a consacré une place inhabituellement importante aux risques liés à l’intelligence artificielle générative et à son développement commercial. Dans cette section obligatoire de son prospectus, le concepteur de Claude énumère 80 facteurs de risque. Des avertissements classiques sur l’intensité de la concurrence ou les incertitudes sur la croissance. Mais aussi des mises en garde sur de possibles incidents “catastrophiques” susceptibles de faire peser un risque “existentiel” sur l’humanité.
Le tour de passe-passe de Mark Zuckerberg pour garder le contrôle de Meta
Dix ans après une première tentative avortée, Meta s’apprête à créer une nouvelle catégorie d’actions dépourvues de droits de vote. En 2016, le projet devait permettre à Mark Zuckerberg de céder une partie de sa participation dans la société, qui s’appelait encore Facebook, sans en perdre le contrôle, afin de financer son organisation philanthropique. Cette fois, l’objectif est de lui permettre de payer un éventuel impôt sur les milliardaires en Californie. Cette nouvelle structure va également faciliter de futures augmentations de capital destinées à financer les investissements colossaux dans l’IA générative.
La start-up chinoise Moonshot se hisse au niveau des géants américains de l’IA
C’est une première pour un acteur chinois de l’intelligence artificielle générative. Et une menace supplémentaire pour les géants américains du secteur. La semaine dernière, la start-up Moonshot AI a dévoilé la dernière version de son modèle Kimi, le tout premier modèle chinois à afficher des performances comparables à celles des systèmes les plus avancés d’OpenAI, Anthropic ou Google. Le tout à des tarifs nettement inférieurs. Une avancée qui pourrait accélérer sa percée commerciale, notamment en lui ouvrant la voie vers des tâches plus complexes, comme le raisonnement avancé et la génération de code.
| TOUT COMPRENDRE |
Tout comprendre aux inquiétudes sur les néoclouds, maillon faible de l’IA ?
D’un côté, les déclarations rassurantes de Jensen Huang, le patron de Nvidia, qui assure que la demande est “phénoménale”. De l’autre, les propos alarmistes d’Elon Musk, qui prédit une “hécatombe”. Plus que jamais, la pérennité financière des centaines de néoclouds suscite des inquiétudes, entre croissance explosive, besoins insatiables en capitaux et endettement massif. Un enjeu de taille pour l’essor de l’intelligence artificielle générative, qui repose en partie sur ces nouveaux acteurs capables de fournir la puissance de calcul que les plateformes de cloud traditionnelles peinent à offrir. Décryptage.
| DANS LE RÉTRO |
Le jour où Facebook est devenu Meta
Le changement de nom devait incarner les nouvelles ambitions de Mark Zuckerberg. Cinq ans plus tard, non seulement celui-ci n’a jamais été aussi éloigné des horizons qu’il dessinait alors, mais il semble aussi avoir tourné la page. Le 28 octobre 2021, le patron de Facebook annonce que la société abandonne son identité historique, jugée inadaptée pour “représenter ce que nous sommes et ce que nous espérons bâtir”. Le milliardaire se sent alors à l’étroit dans l’univers des réseaux sociaux. Son regard se tourne désormais vers le métavers. Facebook devient ainsi officiellement Meta.
| ET AUSSI |
» Le montage à 40 milliards de dollars de SpaceX pour financer ses puces d’IA
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Crédit photos: Google – Unsplash / Taylor Vick
