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Le comeback d'OpenAI, l'iPhone pliant, les doutes sur Mistral

Et aussi: L'assistant IA de Meta – Nvidia rachète Hugging Face

Cafétech
5 min ⋅ 11/09/2026

Tous les vendredis, l’édition hebdomadaire de Cafétech vous propose un tour d’horizon des principales actus tech de la semaine écoulée.

Bonne lecture


| GRAND ANGLE |

Avec Astra, OpenAI tente de reprendre le leadership de l’IA

“Bienvenue dans l’ère de l’intelligence artificielle générale”. L’expression semblait être tombée en désuétude – Sam Altman lui-même la qualifiait récemment de “terme marketing sans réelle pertinence”. La voilà pourtant remise sur le devant de la scène par Greg Brockman, le président d’OpenAI, à l’occasion du lancement de GPT-6 Astra, la nouvelle génération du grand modèle de langage qui alimente ChatGPT. Celle-ci serait, selon lui, ainsi capable d’égaler, voire de surpasser, l’humain dans n’importe quelle tâche cognitive. Nettement plus prudent, l’entreprise évoque simplement le “modèle le plus intelligent jamais conçu”.

Peu importe les qualificatifs, le lancement d’Astra doit concrétiser le retour en grâce d’OpenAI, après des mois de turbulences et de doutes. Bousculé par Google et surtout par Anthropic, le pionnier de l’IA générative a déclenché, fin 2025, un “code rouge” pour regagner son leadership, tant technologique que commercial. Des efforts qui commencent à porter leurs fruits. Au petit jeu des benchmarks, l’écart de performance avec ses concurrents s’est inversé. Et la croissance de son chiffre d’affaires réalisé auprès des entreprises a de nouveau dépassé celle d’Anthropic, selon l’analyse des transactions effectuées par Ramp, une banque dédiée aux professionnels.

Progrès dans le “computer use”

Le lancement d’Astra intervient un peu plus d’un an après la sortie sans fanfare de GPT-5, critiqué pour des gains jugés peu significatifs. Cette nouvelle version représente, elle, un “saut générationnel”, affirme Greg Brockman. Sur le papier, elle affiche des gains de performances significatifs par rapport à ses prédécesseurs, en matière de raisonnement, de programmation ou encore de calcul mathématique. Elle dépasse également les dernières mises à jour de Fable 5, le modèle le plus avancé d’Anthropic, dont le déploiement avait été temporairement suspendu par le gouvernement américain en juin, et de Gemini 3, le concurrent développé par Google.

Dans sa communication, OpenAI insiste en particulier sur les capacités de “computer use”: Astra peut prendre le contrôle d’un ordinateur pour accomplir des tâches depuis des sites Internet ou un logiciel, comme le ferait un humain. Considérés comme la prochaine frontière de l’IA, ces nouveaux agents doivent permettre de reproduire le comportement d’un employé. Ils peuvent naviguer sur le web, cliquer sur des boutons ou saisir du texte. En théorie, ils peuvent ainsi interagir avec n’importe quelle application utilisée dans une entreprise. OpenAI assure que son modèle peut déjà “exécuter des processus en plusieurs étapes”.

Dépassé par Claude Code

Dans le sillage du lancement spectaculaire de ChatGPT, fin 2022, OpenAI est longtemps resté le leader incontesté de l’IA générative, aussi bien auprès du grand public que des entreprises. Fort de cette position dominante, son patron Sam Altman multiplie alors les initiatives annexes, comme le navigateur Internet Atlas ou l’application de courtes vidéos Sora, parfois au détriment de ses produits phares. Face à lui, ses rivaux restent concentrés sur un objectif: rattraper leur retard. Petit à petit, l’avance technologique des débuts s’estompe. En novembre dernier, la sortie de Gemini 3 constitue un premier avertissement.

Le pire est encore à venir pour OpenAI: le succès fulgurant de Claude Code, l’outil de programmation d’Anthropic. Distancée, la société perd alors l’avantage en matière d’image de marque qui lui permettait de rester l’option privilégiée des entreprises. Son rival en profite et ses recettes s’envolent. En août, son chiffre d’affaires annualisé dépasse la barre des 65 milliards de dollars, contre seulement 9 milliards fin 2025. De son côté, OpenAI plafonne à 40 milliards, un chiffre qui a “seulement” doublé depuis le début de l’année. Au-delà de méthodes comptables différentes, ces trajectoires de croissance illustrent des dynamiques commerciales très différentes.

Encore de lourdes pertes

Ces derniers mois, OpenAI regagne cependant du terrain. La société a d’abord recentré ses priorités autour de son outil de code Codex, dont le nombre d’utilisateurs a été multiplié par six en seulement quatre mois. Elle a ensuite lancé de nouvelles versions de GPT-5, aux performances similaires à celles de la concurrence. Et elle n’a pas hésité à baisser certains prix, dans un contexte d’inquiétudes des entreprises sur la facture de l’IA et de concurrence des modèles open source chinois. Si la croissance a stagné pendant de longs mois – seulement 18% au deuxième trimestre, selon le Wall Street Journal –, elle s’accélère à nouveau depuis cet été.

Ces progrès permettent à OpenAI d’envisager plus sereinement sa prochaine introduction en Bourse. Si le processus a été lancé en juin, l’opération aurait finalement été repoussée à l’année prochaine, sous l’impulsion de la directrice financière, Sarah Friar. Cela signifie qu’elle pourrait être devancée par Anthropic, un scénario que Sam Altman souhaitait initialement éviter. La société va cependant devoir progresser sur un autre point capital: ses performances financières. Au deuxième trimestre, elle a accusé une perte opérationnelle record de 12,3 milliards de dollars, tandis que sa grande rivale enregistrait, elle, un léger bénéfice.

Pour aller plus loin:
– Pourquoi OpenAI veut transformer ChatGPT en “super-app”
– Avec sa première puce, OpenAI espère diviser par deux ses coûts d’inférence


| EN BREF |

Avec son smartphone pliant, Apple s’attaque à un marché qui peine à décoller

Sept ans après Samsung, Apple se lance à son tour sur le marché des smartphones pliants. Mercredi, le groupe à la pomme a dévoilé l’iPhone Duo, le premier modèle de la marque à la pomme à se plier en deux. “Pour un appareil qui occupe une place aussi centrale dans votre vie, un écran plus grand ouvre la voie à de nouvelles possibilités”, souligne John Ternus, qui présentait son premier événement à peine une semaine après avoir succédé à Tim Cook au poste de directeur général. Le smartphone sera commercialisé à partir du 23 octobre. Son prix sera très élevé: de 2.339 euros à 3.839 euros en France.

À ce tarif, le potentiel commercial de l’iPhone Duo reste limité. Le cabinet IDC estime qu’Apple pourrait écouler 17 millions d’unités d’ici à fin 2027 – un chiffre à comparer aux quelque 247 millions de téléphones vendus l’an passé par le groupe. Cela suffirait néanmoins à lui permettre de capter environ 40% du marché, au détriment notamment de Samsung et de Huawei. “L’arrivée d’Apple sur le segment des smartphones pliants va bien plus que relancer la croissance d’une catégorie qui commençait à perdre de son élan, estime Nabila Popal, analyste chez IDC, rappelant que les ventes ont reculé de 15% au premier semestre. Elle en change profondément la trajectoire”.


Renoncements successifs et déclassement progressif: Mistral, au-delà du storytelling

Il y a le récit qu’aime raconter la French Tech d’un côté sur Mistral AI, et la réalité de l’autre. Rien ne l’illustre mieux que sa levée de fonds de trois milliards d’euros – un record en Europe – officialisée mardi. D’un côté, le mythe soigneusement entretenu d’une start-up tricolore qui, portée par le talent de ses ingénieurs, s’est imposée en alternative, si ce n’est en rivale des géants américains de l’intelligence artificielle générative. De l’autre, ce qu’elle est réellement devenue, trois ans après ses débuts, entre renoncements successifs et déclassement progressif.

Le Mistral de septembre 2026 est bien différent de celui qui a émergé en avril 2023, cinq mois après les débuts spectaculaires de ChatGPT. Par sa taille, bien sûr – la société compte plus de 1.000 employés et vient d’emménager dans de nouveaux bureaux parisiens. Par son statut, également, désormais celui de dernier espoir européen dans l’IA. Mais surtout par ses ambitions, après avoir réalisé où se trouvait sa place – et sa valeur – sur le grand échiquier mondial, prise en étau entre la puissance financière considérable des groupes américains et les avancées technologiques fulgurantes des spécialistes chinois.


Avec Muse, Meta prend une longueur d’avance dans la course aux agents IA grand public

Trop longtemps en retard sur l’intelligence artificielle générative aux yeux de Mark Zuckerberg, Meta se retrouve désormais dans une position inédite: celle de précurseur. Mardi, la maison mère de Facebook et d’Instagram a dévoilé Muse, “le premier agent IA personnel conçu pour tous”. Ce lancement concrétise la “trajectoire rapide” de progrès, promise en début d’année par son patron dans la foulée de la création du Superintelligence Labs, l’équipe montée à grands frais l’an dernier pour rattraper le peloton de tête. Mais il ne répond pas (encore ?) à la question cruciale du retour sur investissement.

Muse permet à Meta d’entrer de plain-pied dans la prochaine évolution de l’IA générative. Derrière son interface conversationnelle, proche d’une plateforme de messagerie, l’outil dépasse le simple chatbot cantonné à répondre à des questions. Il est capable d’accomplir des tâches sur des applications ou des sites Internet: envoyer des e-mails, réserver une table dans un restaurant, effectuer des achats ou encore transformer une vidéo de cuisine en liste de courses. Il continue de travailler même lorsque l’application est fermée, formule des suggestions et fixe des objectifs à atteindre.


Pourquoi Nvidia rachète la bibliothèque d’IA open source Hugging Face

Ces derniers mois, Jensen Huang multipliait les déclarations sur l’importance des modèles ouverts dans le développement de l’intelligence artificielle générative. Jeudi, le patron de Nvidia est passé des paroles aux actes en annonçant l’acquisition de Hugging Face pour 12,9 milliards de dollars. Fondée par trois Français à New York, mais un temps installée à Paris, la start-up est devenue le principal carrefour de l’IA open source: sa bibliothèque de trois millions de modèles et de 500.000 jeux de données est aujourd’hui utilisée par 18 millions de développeurs.

L’opération doit encore recevoir le feu vert des autorités de la concurrence. Une étape loin d’être acquise, alors que Nvidia fait déjà l’objet de plusieurs enquêtes antitrust des deux côtés de l’Atlantique en raison de sa position dominante sur le marché des puces dédiées à l’IA générative. Le groupe de Santa Clara se montre néanmoins confiant et espère boucler le rachat au premier semestre 2027. Celui-ci deviendrait alors le plus important de son histoire – en excluant l’acquisition déguisée, pour 20 milliards de dollars, du fabricant de puces Groq, menée en début d’année.


| ET AUSSI |

» Face à une “situation intenable”, Apple augmente le prix de l’iPhone

» OpenAI progresse dans la publicité... mais reste loin de ses objectifs

» Shein rattrapé par la fin de l’ère des petits colis

» Oura entre en Bourse pour consolider son avance sur le marché des bagues connectées

Crédit photos: OpenAI - Apple

Cafétech

Par Jérôme Marin

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