Menace sur les abonnements d'IA, Nvidia s'attaque aux PC, l'Europe rêve de souveraineté

Et aussi: Opération inédite pour Google – Coup de massue pour le projet Leo

Cafétech
5 min ⋅ 05/06/2026

Tous les vendredis, l’édition hebdomadaire de Cafétech vous propose un tour d’horizon des principales actus tech de la semaine écoulée.

Bonne lecture et bon week-end.


| GRAND ANGLE |

GitHub enclenche le début de la fin des abonnements illimités dans l’intelligence artificielle

De 10 à 39 dollars par mois à plusieurs milliers de dollars. Depuis lundi, les utilisateurs les plus intensifs de GitHub Copilot voient leur facture potentielle s’envoler. En cause: une nouvelle politique tarifaire, basculant d’un abonnement quasi illimité vers une facturation à l’usage réel. “Une étape clé pour assurer la pérennité du modèle économique”, justifie la plateforme dédiée aux développeurs, rachetée en 2018 par Microsoft pour 7,5 milliards de dollars. Une évolution dictée par une réalité: son outil de génération de code lui coûte aujourd’hui bien plus cher qu’il ne lui rapporte.

L’écart entre les coûts et les revenus de l’intelligence artificielle générative n’a rien de nouveau. Mais la décision de GitHub symbolise un début de changement de paradigme. Au-delà de la nécessité de trouver un équilibre financier, l’essor des agents autonomes, capables de fonctionner en continu, rend le modèle par abonnement de plus en plus difficile à soutenir. En avril, Anthropic et OpenAI ont déjà fait évoluer certaines de leurs offres destinées aux grandes entreprises vers une facturation à l’usage pour leur plateforme de programmation respective Claude Code et Codex.

Les agents creusent les pertes

Cette situation s’explique par l’importance des coûts liés à l’inférence, c’est-à-dire l’exécution des modèles d’IA pour générer des textes, des images ou du code. Pendant longtemps, les principaux acteurs du secteur ont absorbé cette facture, en proposant des abonnements facturés en dessous de leur prix de revient. Un choix autant qu’une contrainte pour installer des nouveaux usages, notamment en entreprise, et conquérir des parts de marché afin d’atteindre une taille critique. En 2023, GitHub perdait ainsi 20 dollars par mois et par abonné, rapportait alors le Wall Street Journal.

Depuis, cette équation économique s’est encore dégradée sous l’effet des avancées technologiques. Dans la programmation, les outils d’IA ne se contentent plus de compléter ou de corriger le travail des développeurs. Avec l’essor des agents, ils peuvent désormais “exécuter de longues sessions de développement en plusieurs étapes”, souligne GitHub. Certaines entreprises affirment ainsi que la majorité de leur code est aujourd’hui produite par l’IA. “L’usage agentique devient la norme”, poursuit la filiale de Microsoft, ce qui “entraîne des exigences de calcul et d’inférence nettement plus élevées”.

Vers la fin des abonnements ?

Les pertes par abonnement se sont donc creusées de manière significative. Si aucune entreprise ne communique de chiffres précis, des captures d’écran publiées sur Reddit par des clients de GitHub Copilot donnent un ordre de grandeur. Celles-ci montrent que l’utilisation de l’outil leur aurait coûté plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de dollars par mois avec le nouveau système de facturation à l’usage. Des estimations similaires sont également avancées pour les gros utilisateurs de Claude Code qui y accèdent via les offres payantes d’Anthropic.

L’abandon de ces politiques tarifaires particulièrement avantageuses présente un risque: une fuite des abonnés vers des services qui s’appuient encore sur des offres forfaitaires. Sur Reddit, de nombreux utilisateurs de GitHub Copilot assurent ainsi qu’ils comptent migrer vers la concurrence. Anthropic et OpenAI semblent pour l’instant relativement épargnés, ayant mis en place des évolutions moins brutales et comparables. Reste à savoir si l’un d’entre eux prendra le risque de revenir sur les abonnements illimités, une option évoquée au printemps par Sam Altman, le patron d’OpenAI.

Pour aller plus loin:
– Anthropic rentable pour la première fois… au prix de fortes restrictions d’usage
– Pour accélérer dans l’IA, SpaceX pose une option d’achat sur Cursor


PARTENAIRE

Et si vous investissiez dans la terre pour soutenir Ludovic ?

En Auvergne-Rhône-Alpes, Ludovic réalise le projet d’une vie: reprendre une ferme historique de 1870 pour y élever des brebis Texel. Son exploitation mise sur un modèle vertueux: élevage extensif, autonomie fourragère maximale et production d’agneaux de haute qualité sous Label Rouge et Agneau de l’Adret.

Pour sécuriser des surfaces de pâturage, garantir l’autonomie fourragère pour ses animaux et préparer la transmission future de la ferme à son fils, Ludovic fait appel à l’investissement de particuliers via Hectarea.

Fondée en 2022, cette entreprise à mission permet aux particuliers de soutenir des agriculteurs partout en France. Le concept ? Vous investissez dans des parcelles et percevez des revenus réguliers issus des loyers versés par les exploitants, tout en libérant ces derniers de la pression financière. C’est une alternative tangible à l’immobilier traditionnel, décorrélée des marchés financiers.

Fort d’une récente levée de fonds de 1,5 million d’euros, Hectarea franchit un nouveau cap pour démocratiser ce placement d’avenir. Pour reconnecter un maximum de Français avec la terre qui les nourrit, la plateforme vient d’abaisser son ticket d’entrée à 100 euros seulement.

Plus de 4,5 millions d’euros ont déjà été investis dans l’agriculture durable par la communauté. Rejoignez le mouvement et donnez du sens à votre épargne.

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Investir comporte des risques de pertes partielles ou totales du capital.


| EN BREF |

Face à Intel, Nvidia veut faire entrer les PC dans l’ère de l’IA

“Réinventer le PC”. Jensen Huang ne manque jamais d’ambition. Lundi, à l’occasion du Computex, le grand salon de l’informatique organisé à Taipei, Nvidia a dévoilé son tout premier processeur (CPU) destiné aux ordinateurs, marquant son entrée sur un marché historiquement dominé par Intel et AMD. Le patron du géant des cartes graphiques (GPU) promet ainsi une nouvelle gamme de machines conçues pour l’intelligence artificielle générative. “Une réinvention aussi importante que la transformation du téléphone en ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de smartphone”, assure-t-il.

Conçu en partenariat avec le taïwanais MediaTek, ce processeur repose sur l’architecture ARM, déjà omniprésente dans les smartphones mais encore marginale dans les PC. Il sera associé à un GPU au sein d’une “super puce” baptisée RTX Spark. Si Nvidia annonce des performances inédites, aucun élément de comparaison avec les CPU concurrents n’a été communiqué. Les premiers ordinateurs sous Windows équipés de cette puce – des modèles haut de gamme fabriqués par HP, Lenovo ou encore Dell – seront commercialisés cet automne. Ni le prix ni la date de lancement n’ont été précisés.


Puces et data centers: comment l’Europe veut renforcer sa souveraineté technologique

Des usines de puces et des data centers dédiés à l’intelligence artificielle. Mercredi, la Commission européenne a présenté son plan d’action pour renforcer la souveraineté technologique du continent, et ainsi réduire sa dépendance aux acteurs étrangers, en particulier aux géants américains du numérique. Le texte s’articule autour de deux mesures phares. La première est une deuxième version du Chips Act, destinée à accroître la production de semi-conducteurs. La seconde prend la forme d’un règlement sur le cloud et l’IA visant à augmenter massivement les capacités de calcul.

Selon Bruxelles, 80% des achats européens de services et d’infrastructures numériques sont effectués auprès d’entreprises étrangères. C’est notamment le cas dans le cloud, un marché cadenassé par Amazon, Microsoft et Google. Et encore plus pour les cartes graphiques, indispensables pour entraîner et faire tourner des modèles d’IA générative, et fournies presque exclusivement par des groupes américains, à commencer par Nvidia. Au-delà des déclarations d’intention, la Commission ne précise toutefois pas le montant des financements qui pourront être mobilisés par les États membres.


Pour financer ses investissements dans l’IA, Google prépare une augmentation de capital inédite

Jamais Google n’avait eu recours à une telle opération. Pour la première fois depuis son introduction en Bourse en 2004, le moteur de recherche – intégré depuis 2013 au sein de sa maison mère Alphabet – s’apprête à vendre des actions sur les marchés. Cette augmentation de capital, d’un montant de 80 milliards de dollars, doit financer ses investissements colossaux dans l’intelligence artificielle générative. Elle illustre aussi l’ampleur des besoins en capitaux des géants technologiques américains, désormais bien supérieurs à leurs capacités actuelles d’autofinancement.

Depuis trois ans, les investissements de Google ont été multipliés par six. Le groupe de Mountain View cherche à accroître massivement ses capacités de calcul afin de répondre à la fois aux besoins de ses propres modèles d’IA, comme Gemini, et à ceux des clients de sa plateforme de cloud. Cette année, ses dépenses en capital (capex) devraient doubler pour atteindre entre 180 et 190 milliards de dollars, contre seulement 32 milliards en 2023. Et elles devraient encore augmenter “significativement” l’an prochain, a prévenu en avril la directrice financière d’Alphabet.


Le projet Leo d’Amazon, victime collatérale de l’explosion de la fusée New Glenn

C’est un véritable coup dur pour le projet Leo d’Amazon. Certes, les 48 satellites destinés à rejoindre la future constellation d’accès à Internet n’étaient pas encore présents dans la fusée New Glenn de Blue Origin qui a explosé jeudi dernier. Mais l’incident va priver, pour de longs mois, le géant de commerce en ligne des services de la start-up lancé par son fondateur Jeff Bezos, alors que la cadence des lancements pour son compte devait enfin s’accélérer. Cela pourrait aussi avoir des répercussions sur les vols prévus avec la fusée Vulcan d’United Launch Alliance, qui utilise les mêmes moteurs.

Ce coup du sort intervient au moment même où le projet, initié en 2019, semblait enfin sur les bons rails. Après de multiples retards, plus de 330 satellites ont été placés en orbite au cours des treize derniers mois. Et l’entreprise prévoyait d’atteindre, dès cet automne, le seuil de 578 appareils nécessaire au lancement commercial de son service. Ce calendrier apparaît désormais très incertain, voire intenable, menaçant d’accentuer encore l’avance de la constellation Starlink de SpaceX, opérationnelle depuis 2021 et qui compte désormais plus de dix millions d’abonnés.


| ET AUSSI |

>> Microsoft dévoile ses propres modèles pour revenir dans la course à l’IA générative

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Crédit photos: GitHub Nvidia

Cafétech

Par Jérôme Marin

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