L'IA plombe les smartphones, Google bientôt dépassé par Meta, les objectifs d'OpenAI dans la pub

Et aussi: Amazon rachète des satellites – Nouveau plan social chez Snapchat

Cafétech
5 min ⋅ 17/04/2026

Tous les vendredis, l’édition hebdomadaire de Cafétech vous propose un tour d’horizon des principales actus tech de la semaine écoulée.

Bonne lecture et bon week-end.


| GRAND ANGLE |

Victimes collatérales de l’IA, les ventes de smartphones replongent

Après deux ans et demi de progression, le marché des smartphones repart nettement à la baisse. Au premier trimestre, les ventes aux distributeurs ont reculé de 4,1%, selon les estimations d’IDC. En cause notamment: la hausse des prix, particulièrement sur le segment d’entrée en gamme, sous l’effet de l’envolée du coût des puces mémoire“Ce n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend”, prévient l’analyste Anthony Scarsella. Sur l’ensemble de l’année, le cabinet anticipe une chute historique de 12,9%, qui ramènerait le marché à son plus bas niveau depuis 2013.

Le repli touche surtout les trois principales marques chinoises. Les livraisons de Xiaomi ont chuté de 19%, celles d’Oppo de 10% et celles de Vivo de 7%. Elles pâtissent de leur exposition aux marchés émergents. Les prix y ont bondi de 40% à 50%, souligne IDC, et certains appareils ne sont plus commercialisés. À l’inverse, Apple et Samsung affichent une hausse modeste de leurs ventes, portées par le succès de l’iPhone 17 et du Galaxy S26. Le groupe sud-coréen apparaît toutefois plus exposé que le géant américain en raison d’un catalogue allant jusqu’à l’entrée de gamme.

La faute à l’IA

Comme d’autres secteurs, le marché des smartphones subit le développement effréné des infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle générative. Cette puissance de calcul supplémentaire ne nécessite pas seulement des cartes graphiques, mais aussi de la mémoire. Pour répondre à cette demande exponentielle, les trois géants du secteur – les coréens SK Hynix et Samsung, et l’américain Micron – ont réorienté une partie de leurs lignes de production vers ces composants plus lucratifs, au détriment des mémoires DRAM et NAND destinées aux smartphones, PC et consoles de jeux.

Selon le cabinet TrendForce, 70% de la production de mémoires est désormais dédiée à l’IA. Conséquence: les tarifs des autres composants s’envolent. Sur les trois premiers mois de l’année, les prix des puces DRAM ont quasiment doublé. Ils devraient encore grimper de 60% au deuxième trimestre. Face à cette situation, les fabricants prévoient bien d’augmenter leurs capacités. Mais leurs nouvelles lignes de production ne seront pas opérationnelles avant 2027 ou 2028. Et rien ne garantit qu’elles ne soient pas consacrées principalement, voire intégralement, aux mémoires pour l’IA.

Arbitrage à venir

“Si les prix devraient se stabiliser mi‑2027, il est peu probable qu’ils retrouvent leurs niveaux antérieurs”, souligne Nabila Popal, analyste chez IDC. Le marché pourrait ainsi connaître une “réinitialisation structurelle”, marquée notamment par la disparition des smartphones à moins de 100 dollars. Environ 170 millions d’appareils vendus par an pourraient disparaître. Les autres segments ne seront pas épargnés, alors que les puces mémoire représentent historiquement entre 15% et 20% du coût des composants pour le milieu de gamme, et entre 10% et 15% pour le haut de gamme.

Pour l’instant, les ventes de ces smartphones restent relativement préservées. Les grandes marques continuent de s’appuyer sur leurs stocks et sur des contrats précédemment signés à prix fixes. Mais ce répit touche déjà à sa fin. Samsung vient, par exemple, de relever les prix de plusieurs modèles. Plus la situation perdure et plus les fabricants devront arbitrer entre une hausse des tarifs et une contraction de leurs marges. Certains pourraient également choisir de limiter, voire de réduire, certaines caractéristiques techniques. “Ils vont devoir se réinventer”, estime Nabila Popal.

Pour aller plus loin:
– La pénurie de puces mémoire font bondir les profits de Samsung et SK Hynix
– Pourquoi Apple ne souffre pas (encore ?) de son retard dans l’IA


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| EN BREF |

Meta sur le point de dépasser Google dans la publicité en ligne

Voilà vingt ans que Google a délogé Yahoo et domine sans partage le marché de la publicité en ligne. Mais cette suprématie pourrait toucher à sa fin dès cette année: le moteur de recherche serait sur le point d’être détrôné par Meta, anticipe le cabinet spécialisé eMarketer. D’après ses projections, la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp pourrait générer 243,5 milliards de dollars de recettes publicitaires, contre 239,5 milliards pour son principal concurrent. Un écart infime, mais qui devrait se creuser en 2027.

Il est important de préciser que les estimations d’eMarketer portent sur le chiffre d’affaires net. Elles retranchent environ 80 milliards des revenus à Google, en excluant notamment les TAC (coûts d’acquisition du trafic). Ces dépenses correspondent aux sommes que le groupe de Mountain View reverse aux sites partenaires qui diffusent des publicités vendues sur sa plateforme. Elles couvrent également une multitude d’accords commerciaux, notamment pour être le moteur par défaut du navigateur Safari d’Apple. À l’inverse, aucun montant n’est soustrait des recettes publicitaires de Meta.


Les ambitieux (et irréalistes ?) objectifs d’OpenAI dans la publicité

À peine lancé sur le marché de la publicité, OpenAI affiche déjà de grandes ambitions. Fort de “premiers résultats encourageants”, le créateur de ChatGPT anticipe une croissance aussi fulgurante qu’inédite, selon des documents présentés aux investisseurs et consultés par les médias américains The Information et Axios. En seulement cinq ans, il estime pouvoir atteindre la barre des 100 milliards de dollars de recettes publicitaires. Un niveau qui le hisserait dans le quatuor mondial du marché, seulement devancé par Google, Meta et Amazon – mais devant YouTube et TikTok.

L’optimisme d’OpenAI repose sur deux piliers. D’abord, une adoption toujours plus massive de ChatGPT. Trois ans et demi après son lancement, le chatbot attire déjà plus de 900 millions d’utilisateurs actifs hebdomadaires. La société projette une audience de 2,75 milliards d’ici 2030 – similaire à celles de Facebook ou Instagram, et supérieure à celle de TikTok. Ensuite, un positionnement jugé stratégique, au plus près des intentions d’achat des internautes, offrant de meilleurs taux de conversion. Deux atouts qui doivent rendre la plateforme incontournable pour les annonceurs.


Pourquoi Amazon rachète l’opérateur de satellites Globalstar

À quelques mois du lancement commercial de Leo, son projet d’Internet par satellites, Amazon démontre sa détermination à rivaliser avec la constellation Starlink de SpaceX. Mardi, le géant du commerce en ligne a officialisé la deuxième plus importante acquisition de son histoire, signant un chèque de 11,6 milliards de dollars pour mettre la main sur l’opérateur de satellites Globalstar. L’opération, dont la finalisation est espérée l’an prochain, doit notamment permettre d’étendre la portée de son offre, avec une connectivité directe pour les smartphones.

Ce rachat s’accompagne d’un accord commercial avec Apple. Le groupe à la pomme est en effet l’un des principaux investisseurs de Globalstar: il contrôle 20% du capital, après avoir investi 1,5 milliard de dollars en 2024. Il est surtout son client le plus emblématique: c’est sur ses satellites que repose la fonctionnalité permettant de contacter les secours même sans couverture réseau. Dans un premier temps, Amazon continuera à lui fournir ce service, avant de potentiellement lui proposer des fonctionnalités plus avancées, comme une connexion haut débit dans les zones blanches.


Snapchat licencie à nouveau pour accélérer sur les lunettes connectées

“Nous traversons un moment charnière”. C’est ainsi qu’Evan Spiegel justifie le nouveau plan social de Snap, le troisième en seulement quatre ans. Mercredi, la maison mère de Snapchat a annoncé la suppression d’environ 1.000 emplois, dont 16% de ses employés à temps plein. Parallèlement, 300 postes ouverts au recrutement ne seront finalement pas pourvus. En revanche, des embauches sont prévues au sein de la division dédiée aux Spectacles, ses lunettes de réalité augmentée, dont le lancement est attendu cette année, rapporte la newsletter Sources.

Le patron de Snap invoque les progrès de l’intelligence artificielle, qui permettent à de “petites équipes d’avancer de manière significative” – un argument devenu récurrent, en remplacement du traditionnel impératif “d’agilité”. De fait, ces licenciements doivent surtout générer d’importantes économies. Snap les chiffre à 500 millions de dollars par an. De quoi “établir une trajectoire plus claire vers la rentabilité”, assure Evan Spiegel. L’an passé, le groupe a accusé une perte nette de 460 millions. Depuis sa création en 2011, il n’a jamais dégagé de bénéfice annuel.


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Cafétech

Par Jérôme Marin

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